Histoire d'Evenos par Jean-Claude Léonide

Chateau feodal en ruineL'histoire de la commune d'Evenos, sise dans le département du Var, en Provence, n'est pas, dans ses grandes lignes, bien différente de celles des autres villages de la région. Ensemble, ils ont vécu les mêmes grandes heures de l'histoire de France, de Provence et du Var, depuis la préhistoire jusqu''à nos jours.

Est-ce à dire qu'elle serait, pour autant, dépourvue d'originalité et donc d'intérêt ? Ce serait méconnaître l'influence profonde des conditions particulières, des caractéristiques locales d''un site. Son histoire, incontestablement, se singularise par maints détails et épisodes qui sont le résultat du lieu, des circonstances, des hasards. Ainsi telle commune, durant les guerres de religion, fut ravagée, une autre épargnée... Bien des déterminismes existent, liés aux hommes qui l''ont peuplée, au cadre de vie que la situation géographique, le climat, la topographie, le relief, la nature du sol ont imposés. Ces derniers éléments ont à Evenos été tout à fait prépondérants.

Evenos n'est pas situé dans le haut-Var, pas même dans le centre Var. Elle est une commune littorale. Et cependant, elle n''est pas établie directement au bord de la mer. Une dizaine de kilomètres l''en séparent et pas des plus faciles à parcourir. L'histoire d'Evenos, nous le verrons, n'est pas liée ou très peu à la proximité de la mer. De plus, elle n''est même pas, ou peu, exposée à l'air marin, le relief faisant barrage aux influences maritimes.

EVENOS, NAVIRE DE PIERRES par catherine Brachet

Les villages typiques du Var ne vivent pas qu’en été. Evenos, oppidum perché du XIè s., domine les gorges d’Ollioules et attire toujours les promeneurs. Un château qui tombe en ruine, 9 habitants à l’année et un seul bar, et pourtant, on y fait des rencontres par un dimanche de Janvier gris et froid.

Des voitures. Etonnant à cette saison où le froid pique sous un ciel maussade. On lève la tête vers l’enceinte du village et les restes du château féodal. Le disque du soleil se glisse derrière les nuages brumeux. Passe un groupe d’une douzaine de randonneurs aux cheveux gris, tout guillerets, bâton et chaussures de marche. Ils descendent le chemin de la Venette qui rejoint les gorges en contrebas. « Evenos ? C’est maintenant qu’on l’aime ! ». Au fond, un bruit de torrent, mais ce n’est pas la rivière de la Reppe. Juste le flot de voitures en balade du dimanche qui donne illusion.

EVENOS – 2000 SIECLES D’OCCUPATION HUMAINE

Le village s''est constitué autour d''un castmm médiéval érigé au XIIe siècle sur un socle basaltique. La partie septentrionale de la commune est formée par un ensemble de plateaux calcaires s''élevant en moyenne à 400 mètres. A l''ouest une arête basaltique. issue d''une coulée tertiaire sépare Evenos du Beausset. Le Rocher de l''Aigue (Barre des Aiguiers) y culmine à 602 m. Le sud du territoire communal est formé à l''ouest. les contreforts nord du Gros-Cerveau qui culmine à 483 m, et à l''est par ceux dll Mont-Caume (804 m) et du Croupatier (540 m). A l''est de la coulée basaltique, le torrent du Destel a dégagé deux hautes plaines (Orves et le Broussan), puis creusé des gorges encaissées avant de rejoindre la Reppe qui arrose le sud de la plaine du Beausset.

La libération d'Evenos

Dans la matinée du 20 août 1945, le colonel Bonjour s’empare du carrefour du Camp puis se rabat sur Toulon par la Nationale 8. Les Spahis du 3e R.S.A.R. enlèvent le village du Beausset où le rejoint avec ses T.D. (tank-destroyers) le 7e Chasseurs d’Afrique du lieutenant-colonel Van Hecke, formé avec les jeunes gens des Chantiers de jeunesse d’Algérie.

Une partie du 7e R.C.A. et un escadron du 2e Spahis Algériens descendent du Beausset jusqu’à la mer. Ils arrivent sur la plage de Bandol et subissent le feu des batteries allemandes mais la route côtière est bien coupée. Toulon est complètement dans la nasse.

blasonevenosLe blason d'Evenos

L'Armorial Général de 1696 donne page 1160 du volume 30, les armoiries suivantes:

d'azur à une croisette d''or en chef adextrée de la lettre E et senestrée de la lettre N du même, posée en coeur, et une montagne d''argent mouvante de la pointe.

Précision:

De Bresc dans son "Armorial des communes de Provence" de 1866 se trompe et indique un F à la place du E.